ALIMENTATION
UN PEU D'ÉTHOLOGIE TOUT D'ABORD...
Le cheval est un animal vivant naturellement dans les grands espaces plus ou moins plats. Toujours en mouvement, il peut parcourir plus de 60 km par jour pour se nourrir, son système digestif est donc efficace dans des conditions de déplacements permanents et non à des stations immobiles en boxes, de plus, se nourrir dans la nature peut lui prendre une quinzaine d'heures par jour mais il y trouve tout ce dont il peut avoir besoin ! Il est donc quasiment tout le temps en train de digérer des petites quantités. Dans sa vie citadine, le cheval doit se contenter des 2 ou 3 repas voire 4 que nous lui distribuons par jour, sur lesquels il se jette goulûment ce qui emplit son estomac (qui est très petit par rapport à la taille du cheval) et avale donc en 5 à 10 minutes les quantités de nutriments qu'il aurait mis des heures à se procurer dans la nature cela peut déclencher des troubles digestifs et en plus, bien évidemment, cela lui cause aussi de l'ennui, qui provoque des tics et des comportements anormaux, mais ça c'est une autre histoire...
Un cheval sauvage peut effectuer environ 60.000 mouvements de mastication, alors qu’un cheval à l’écurie ne fera que 1.000 mouvements pour broyer 1 kg de grains. Ses dents poussent tout au long de sa vie, d'où la nécessité de faire passer le dentiste régulièrement afin que ses interventions compensent le manque de masticage, donc d'usure des dents. C'est sûr, un cheval dans la nature n'a pas de dentiste, mais dans la vie que nous lui imposons, il en a besoin, c 'est encore une autre histoire ...
Nous, lorsque nous avons la chance d'avoir enfin réussi à lui trouver une belle grande pâture où il
pourra enfin s'ébattre (peut-être même avec des copains avec lesquels il s'entend à merveille !) et se nourrir de la bonne herbe verte qui y pousse, nous sommes très heureux, ça y est ! Notre cheval est dans le meilleur univers que nous pouvions lui procurer ! Certes, c'est ce qu'on peut faire de mieux pour lui, certes mais ...
Mais cette pâture n'aura été ensemensée que de quelques espèces d'herbes, certainement bonnes pour lui, mais insuffisamment variées, et de plus cette herbe aura été traitée avec tout un tas d'engrais, de désherbants sélectifs qui contrairement à ce qui serait souhaitable, empêche qu'il y ait une variété suffisante d'herbes procurant chacune des nutriments divers nécessaires au cheval, ceux -là même qu'ils trouvent d'eux mêmes lorsqu'ils sont dans la nature sauvage... De ce fait nous serons certainement tout de même obligés de complémenter son alimentation sous peine de voir apparaître tout un tas de problèmes dus à des carences alimentaires. Les aliments industriels (qui contiennent les ingrédients essentiels mais en faibles quantités et le grain sont là pour cela, mais ... siffisent-ils toujours ?
QUE PEUT-ON LEUR DONNER ?
On est très surpris lorsqu'on voit la liste des nutriments dont nos chevaux ont besoin, ces besoins sont très variables d'un cheval à l'autre, mais nous leur donnons du grain, de l'aliment industriel, du foin, de l'herbe, des pommes, des carottes, du pain, du sel, de l'huile divers compléments de vitamines, ... car quelque part nous sommes conscients que tout cela n'est peut-être pas suffisant, mais, nous faisons de notre mieux pour égaler ou suppléer Mère Nature...
Quelques aliments et leurs caractéristiques :
l'herbe – le foin : très bons aliments de base, mais ATTENTION peut être trop riche en matières azotées et en protéines (causes entre autres de fourbure et « coup de sang ») ceci est dû aux apports d'engrais trop importants. Il vaut mieux donc une pâture qui n'a pas été trop « engraissée » D'autre part, il faut tenir compte du fait que l'apport nutritionnel de l'herbe est très différent (à variétés égales) suivant la saison, le terrain, ou encore le climat. En ce qui concerne le foin, on le préfèrera non traité, non poussiéreux et à longues fibres stimulant la mastication et donc la digestion. Pas toujours évident à trouver ...
Le foin préfané ou enrubanné est un foin coupé jeune donc riche, les fibres sont donc beaucoup plus courtes (donc moins bien pour la digestion) très rapidement après sa récolte, il est emballé hermétiquement ce qui provoque la fermentation et augmente encore la teneur en protéines et en azote, il est ainsi beaucoup plus énergisant, il est donc impératif d'en donner beaucoup moins que du foin classique. Moi personnellement je n'en donne pas du tout, bien que par contre il soit très apétent pour les chevaux (mais bon... je suis rarement tombée sur des chevaux qui faisaient les difficiles quant à leur nourriture) et qu'il ait l'énorme avantage de ne jamais être poussiéreux... il est à mon ses plus particulièrement destinés à des chevaux ayant un besoin accru en protéines (chevaux sportifs en période de compétitions, gestation, lactation,,,,) à chacun de voir suivant ses besoins et ses possibilités.
La luzerne en foin ou déshydratée :
ses apports en protéines, azote, calcium et phosphore sont très élevés, A distribuer très parcimonieusement car elle peut provoquer des ennuis rénaux et musculaires, elle est en cela comparable au foin préfané ou enrubanné.
Les autres aliments « verts » :
Les carottes : sont laxatives et diurétiques, sont donc intéressantes en cas de problèmes digestifs, de plus, elle réprésentent un apport non négligeable en vitamines A et sont très appréciées !
La betterave : elle a une haute valeur énergétique, mais elle peut provoquer la diarhée à forte dose. Elle peut être utilisée en pulpe ou en sirop pour certaines préparations à rendre apétentes, c'est la « mélasse » qui est souvent présente dans les aliments industriels.
Les pommes sont énergétiques ! Et oui ! Elles sont tout le monde le sait très appréciées par les chevaux, il ne faut toutefois pas en abuser car elles peuvent provoquer des troubles intestinaux et toujours les couper au moins en 2 pour éviter qu'ils ne s'étouffent avec (empommage).
- Les céréales :
Les céréales représentent l'aliment complémentaire du foin ou de l'herbe, elles sont surtout énergétiques, à noter : leur apport en minéraux : beaucoup de phosphore, peu de calcium. Leur teneur en vitamines et moindre. Les principales céréales distribuées aux chevaux :
l'avoine : important apport protéinique, aliment échauffant à éviter pour les chevaux « chauds », n'engraisse pas.on peut l'utiliser entière, concassée, aplatie, trempée, cuite, germée
noire, grise, rousse, jaune ou blanche mais brillante et lourde.
L'orge : aliment intéressant pour l'élevage ou l'entretien des chevaux. Son apport protéinique est inférieur à celui de l'avoine, sa digestibilité est meilleure et l'apport énergétique supérieur à celui de l'avoine. On peut utiliser l'orge aplatie, concassée, mélassée, cuite, trempée, germée (l 'enveloppe de la graine est indigeste). L'orge fait prendre de l'état. On utilise aussi parfois en farine comme barbottage pour chevaux maigres.
Le maïs : sert principalement à l'engraissement, donc pour les chevaux un peu trop maigrichons cela peut être bien. On l'utilise de préférenc, concassé, cuit ou floconné il est ainsi plus apétant. Très gras, à utiliser en quantité limitée.
Le son : il est fabriqué à partir le l'enveloppe des grains de blé. Ses apports en protéines, calcium, énergie, vitamines A et D sont quasi nuls, par contre il est riche en phosphore et vitamines B. Il a des vertus laxative et digestives intéressantes car il est émolient. On l'utilise généralement pour la préparation des mashes, c'est un aliment apétant.
Le blé lui-même est très échauffant peu utilisé pour les chevaux.
Le seigle et le sarrazin sont très peu utilisés car indigestes
Le riz cuit est parfois utilisés mélangé au son ou à l'avoine.
Le sorgho et les pois sont parfois toxiques !
Autres :
les tourteaux de lin aident à fortifier le poil et la corne, laxatifs, ils contiennent des protéines souffrée.
Les tourteaux de soja sont riches en calcium et phosphose et très riches en protéines. Aident à la croissance des poulains.
Les mashes sont distribués de temps en temps surtout en cas de chevaux fatigués, en mauvais état ou à apétit ou intestins difficiles. Il peut être à base de son, avoine, paille et foin hachés, farine d'orge, sel, graine de lin + eau bouillante. Il en existe de nombreuses recettes, et aussi des mashes tout prêts où il n'y a plus qu'à ajouter l'eau.
Le pain, le saviez-vous ? : en apport énergétique, un kilo de pain = 1 kg d'avoine ! On l'utilise rassis uniquement.
EN QUELLE QUANTITE ?
Il n'existe pas de « ration standard » pour les chevaux, on entend souvent dire « un cheval de telle taille, travaillant autant d'heure par jour doit manger telle quantité ». C'est entièrement faux, la ration du cheval dépend en effet de ces deux paramètres, mais également :
de sa physiologie (ilest comme nous on voit parfois des gens manger pour 3 et ne pas prendre un gramme , ce qui nous dégoûte avouons-le, et d'autres qui s'autorisent exceptionnellement un bon resto un week-end et s'aperçoivent le lundi qu'ils ont pris 3 kgs !),
de son caractère (un cheval chaud ne sera pas nourri de la même façon qu'un autre beaucoup plus placide),
de la saison (la thermorégulation lui demande de l'énergie),
du type de travail qu'on lui demande (il ne dépense pas la même énergie en faisant une balade quotidienne de 1h ou 1h30 ou en faisant un match de horse-ball),
du poids de son cavalier même (il ne dépensera pas la même énergie en travaillant avec un cavalier de 30 kg sur le dos qu'avec un colosse de 95 kg...),
mais aussi de la gestation, de la lactation, de la croissance...
On ne peut donc pas rester sur une ration fixe toute la vie du cheval, parce qu'on nous a dit « qu'il est comme-ci et qu'il fait ça », son alimentation peut varier très régulièrement, et il convient de l'adapter dès que l'on constate un changement non désiré de sa morphologie ou de son caractère. Ce qu'on nous dit là est donc une base à adapter individuellement à chaque cheval.
LA DISTRIBUTION
Il est préférable, quand on peut, de distribuer la nourriture aux chevaux en 3 ou 4 voire même 5 fois dans la journée. Cela lui laisse bien le temps de digérer et d'assimiler ses aliments qui ainsi lui profitent au mieux. Le foin devrait être donné soit au moins 2 heures après le grain, soit mangé avant le grain. Je vois souvent que le soir on a tendance à tout donner en même temps, le cheval se jette alors sur sa ration de grain et enchaîne aussitôt sur le foin dès qu'il a fini avec son grain, le foin a alors pour effet de pousser la ration de grain plus rapidement vers la sortie de l'estomac et le grain n'est pas bien digéré, c'est ainsi que l'on retrouve souvent des grains entiers dans les crottins des chevaux, ce qui est le signe d'une mauvaise digestion, car le contenu de l'estomac passe dans l'intestin grêle avant la fin de la digestion enzymatique, il en est de même si l'on donne de trop grandes quantités à la fois. L'activité physique contribue aussi à une bonne digestion à condition toutefois d'attendre au moins 1 heure après l'ingestion de la ration avant de mettre le cheval au travail. D'autre part, personnellement je ne distribue jamais les casse-croûte à heures régulières, mes chevaux ont toujours été habitués ainsi et cela m'évite de me retrouver avec des boxes défoncés parce que un dimanche matin j'ai osé me levér une heure plus tard qu'en semaine, comme cela est arrivé à un ami chez qui les chevaux étaient bien « aheurés »... Lorsque les chevaux sont habitués dès leur arrivée chez vous (lorsqu'ils n'ont pas encore leurs repères) à être nourris à des heures différentes, cela ne pose jamais aucun problème de ce genre.
ADAPTER LA RATION A L'ACTIVITE DU CHEVAL !
Un cheval au repos devra voir sa ration fortement diminuée, on peut alors compenser avec du foin (non enrubanné !) quasi à volonté, mais éviter les aliments trop énergétiques. Lors du jour de repos hebdomadaire on réduira aussi la ration de grain. J'en parle ici en connaissance de cause, mon fils avait mis son cheval en pension dans un club l'an dernier et cela n'a pas été fait ... après 5 jours de box (sa cavalière n'ayant pu venir le sortir) le cheval a fait un coup de sang il a été arrêté 6 mois...
Inversement, on devra augmenter la ration en période de travail plus intense, ou en cas de gestation de lactation ou encore lors des grands froids l'hiver (et oui, le cheval perd de l'énergie en se réchauffant...)
POUR CONCLURE
Tout ceci étant dit, je préfère un cheval un peu maigrichon à un cheval trop rond... Les problèmes tels que fourbure, mioglubinurie (coup de sang) et déséquilibres physiologiques (dérèglement rénal ou hépatique) survenant généralement sur des chevaux ronds, et étant extrèmement difficiles à soigner, mieux vaut les éviter.
Je précise tout de même que pour moi un cheval maigrichon est celui sur lequel on devine les côtes là on dit « qu'il est bien » dès l'instant où on ne les discerne plus il est trop gras, et alors si on ne les sent plus en passant sa main sur les flancs... il est temps de s'inquiéter sérieusement ...
Enfin, il faut savoir que de sur-nourrir un cheval est considéré comme une maltraitance ... tout comme le laisser mourir de faim d'ailleurs... Il s'agit là de 2 extrèmes certes.
3. fred Le 12/12/2008 à 13:49
2. Marie Le 12/12/2008 à 13:46
1. fred Le 12/12/2008 à 13:28